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Histoire
"L’histoire du jiu-jitsu brésilien
a commencé avec Maeda Komaru, un maître japonais du jiu-jitsu
puis de sa version sportive plus douce le judo. En 1904,
à l‘âge de 26 ans, il voyagea aux états-Unis avec un de
ses instructeurs, Tomita, pour faire une démonstration
de judo à l’académie de West Point. Ce fut un échec car
les Américains ne comprirent pas les techniques employées.
Maeda resta à New York et commença une carrière de combattant
professionnel, sous le nom de Comte Koma, qui le mena
en Espagne, en Angleterre, puis finalement au Brésil en
1915. Il y devint également instructeur de judo, sous
la forme ancienne et non la forme sportive, c’est à dire
plus proche du jiu-jitsu que du judo moderne.
Un de ses étudiants, Carlos Gracie, est
considéré comme le fondateur du jiu-jitsu brésilien et
le premier d’une longue lignée de combattants célèbres
de la famille Gracie. A cette époque, la boxe et la capoeira
étaient les seuls atrs martaux présents au brésil, et
ne possédaient pas de techniques de grappling. Carlos
Gracie mélangea donc le jiu-jitsu avec certaines techniques
locales pour créer sa propre technique et ouvrir son école.
Comme avait fait Maeda, il défia les autres écoles pour
prouver la valeur de sa technique, laissant ses frères
participer aux combats tandis que lui peaufinait les prises.
Le cadet, Hélio Gracie, s’est notamment
fait remarquer en gagnant tous ses combats à cette époque.
Il s’est illustré en battant des champions de judo, ne
perdant finalement que contre le grand champion japonais
Kimura, plus jeune et beaucoup plus lourd. La seule autre
défaite d’hélio fut lors d’un combat contre un de ses
élèves, Valdemar Santana, lors du plus long match de jiu-jitsu
connu, soit 3 heures et 45 minutes. Ce fut le dernier
match d’Hélio. Le fils de Carlos, Carlson, entra alors
dans le ring à 17 ans et parvint à venger sa famille en
battant Santana à quatre reprises, plus deux matches nuls.
Les enfants d’Hélio, Rickson et Royce,
sont devenus célèbres dans le monde entier avec leurs
nombreuses victoires dans des combats contre des champions
d’autres disciplines. Royce s’est illustré dans les premières
éditions de l’Ultimate Fighting Championship, ne perdant
aucun match en cinq participations (11 victoires et un
nul)."
"Le jiu-jitsu brésilien, comme
beaucoup d’arts martiaux, compte assez peu sur la force.
Les grands champions que sont les Gracie étaient généralement
petits et beaucoup moins lourds que leurs adversaires
(Royce Gracie pesait à peine 63kg lors de ses victoires
!). Cet art martial compte plutôt sur cinq qualités majeures
: l’équilibre, la coordination, la maîtrise de la distance,
le timing et la précision. D’autres qualités entrent en
ligne de compte mais ces cinq sont la fondation nécessaire
pour devenir un grand combattant avec cette technique.
L’équilibre est la capacité de contrôler et de manipuler
son équilibre pendant une période de temps assez longue.
Conserver son équilibre nécessite de garder le poids centré
entre les genoux et la tête centrée au-dessus des hanches
et des genoux. La perte d’équilibre doit être un choix
conscient dans une stratégie, faute de quoi elle peut
causer la défaite. Cet attribut est souvent négligé car
considéré comme allant de soi. Ce qui est une erreur grossière
car l’équilibre doit être amélioré et faire l’objet d’un
entraînement spécifique.
La coordination est la capacité de réaliser des mouvements
de la même manière des deux côtés du corps. Chaque individu
a un côté favori mais il est nécessaire d’apprendre à
utiliser chaque technique majeure des deux côtés du corps.
Faute de quoi, cette faiblesse aisément identifiable indiquera
à l’adversaire comment et où attaquer.
La maîtrise des distances est la capacité à maintenir
la bonne distance au bon moment. Comme pour l’équilibre,
la plupart des étudiants pensent comprendre ce concept
de manière naturelle. Cependant, il faut maîtriser les
postures et les mouvements des hanches, des épaules et
de la tête avant de pouvoir contrôler l’aspect spatial
des combats.
Le timing est la capacité à faire la bonne technique
au bon moment. C’est certainement l’attribut le plus important.
Associé à une grande vigilance, il permet de vaincre en
minimisant la dépense énergétique, ce qui est extrêmement
important en tournoi. Il faut savoir utiliser la moindre
fenêtre d’opportunité de manière optimale car un adversaire
expérimenté offre peu de possibilités d’attaque.
La précision est la capacité de placer son corps dans
la position exacte de levier pour la technique employée.
La différence entre le succès et l’échec d’une technique
est souvent une question de centimètres. En prenant la
bonne position, la technique peut être utilisée de manière
optimale."
Kennard, Mars 2004.
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